Chroniques·Madeline Miller

Circé de Madeline Miller

« Jadis, je pensais que les dieux étaient le contraire de la mort, mais je vois maintenant qu’ils sont plus morts que tout le reste, car ils sont immuables et ne peuvent rien tenir dans leurs mains. »

Circé est la fille honnie du Titan Hélios, dieu Soleil, et de la nymphe Persé. Discrète et douce, elle grandit pourtant méprisée par ses pairs qui ne reconnaissent en elle ni la beauté ni la prestance usuels des immortel·le·s. La jeune déesse possède pourtant un don pour un art qui ne possède pas encore de nom : la sorcellerie. Maîtresse des charmes, des poisons et des plantes, sa vie bascule lorsqu’elle transforme celle qu’elle considère comme sa rivale par jalousie. Punie par les dieux pour son acte, Circé se voit exilée sur une île du monde des mortel·le·s. Mais ce qui se veut être son châtiment pourrait bien devenir une bénédiction pour celle qui se passionne pour l’humanité et ses fragilités…

Quand mythologie grecque et féminisme se rencontrent 🏺

J’ai toujours trouvé les histoires mythologiques absolument passionnantes. Ne sont-elles pas, en quelque sorte, les premiers récits fantastiques de l’humanité ? Pourtant, elles ne sont pas toujours faciles à découvrir. Riches d’interminables rebondissements, d’histoires entremêlées et d’une langue pas toujours évidente à appréhender, on s’y perdrait. Alors lorsque Madeline Miller endosse le rôle de Circé pour nous faire découvrir le monde à travers les yeux de la déesse, la magie opère instantanément !

Quelle incroyable découverte ! Circé l’immortelle, la sorcière, mais aussi l’enfant blessée, meurtrie, chassée. La femme curieuse et passionnée qui étonne et dérange par sa liberté et son pouvoir. J’ai dévoré ce roman avec un réel plaisir. La plume de l’autrice nous embarque avec une grande facilité dans cet imbroglio de divinités et de mortel·le·s pour tisser devant nous la grande toile de l’existence de ce personnage unique.

J’ai été surprise de ressentir une grande mélancholie durant ma lecture, mais qui ne vire jamais au pathos. J’ai lu ce roman comme l’on redécouvre un souvenir d’enfance : avec tendresse et nostalgie. Circé est une divinité que M. Miller rend très humaine : à la fois sensible et attachante, puissante et sombre. Elle ne s’apitoie jamais sur son sort malgré les épreuves qui se dressent sur son chemin, et tire des leçons des erreurs passées. Elle est aussi la figure d’une femme forte et indépendante, qui nous donne une belle leçon de bienveillance et de résilience.

Un récit féministe, sensible et puissant qui ne vous laissera pas indifférent·e ! 🔱

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